L'hippothérapie

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Définition de l'hippothérapie
L'hippothérapie est une et multiple.
Multiple car elle est pratiquée par des personnes de formations différentes, tant avec des enfants qu'avec des adultes, présentant des difficultés ou des handicaps très variés, qu'ils soient d'ordre moteur ou psychomoteur, psychologique ou rationnel ; les séances peuvent être individuelles ou collectives.
Elle est une car, quelles que soient ses diversités, elle utilise un même outil : le cheval.
Une définition simple de l'hippothérapie serait : démarche thérapeutique pratiquée avec le cheval.
C'est une démarche " thérapeutique ". Il s'agit de contribuer, grâce au cheval, au mieux être de la personne, et non pas de lui apprendre à monter à cheval (ce qui est l'objectif de l'équitation adaptée). Cette démarche est complémentaire à d'autres thérapies. Elle l'est non seulement à la formation du praticien, mais aussi au travail effectué par les équipes médicales ou paramédicales qui entourent la personne.
La définition mentionne aussi " pratiquée avec ". Ceci implique la part active des protagonistes, à savoir le sujet, le thérapeute et le cheval. Chacun constitue un des pôles de la relation du travail, ce qui sous-entend qu'il existe des échanges entre les trois pôles de cette triangulation.
Quant à la contribution au mieux-être de la personne, elle sera sans doute orientée selon les besoins de la personne ou les compétences du thérapeute, vers le corps ou l'aspect relationnel.

Pourquoi utiliser le cheval en thérapie ?
Nous portons en nous un cheval particulier, personnel, qui a sa place dans notre jardin intime et dont nous avons créé une image.
Nous portons cette image faite de puissance, de liberté, de paix, de sécurité, d'actions, de conflits, de plaisir, de peurs. Cette image est colorée de notre expérience de vie, et de ce que nous puisons aussi dans un fond commun à l'humanité. Un fond nourri d'Histoire, de mythes, transmis par l'art et la tradition. Là se révèle un cheval tour à tour bénéfique, maléfique, source de paix et de conflits. Là se manifeste la nature paradoxale du cheval, nature qui peut révéler la nôtre. Et où nous commençons à toucher notre fond propre, plus ou moins dans l'ombre, plus ou moins dans la lumière.
C'est une image où le cheval passe du jour à la nuit, de la vie à la mort. Elle relie les opposés, les manifeste ou les révèle. C'est l'image du cheval qui nous révèle et montre la nature de notre élan vers le cheval de lumière quand notre désir pointe, en même temps vers le cheval des ténèbres quand nos zones d'ombres entrent en jeu.
Nous portons donc une image dynamique du cheval, pour une part insaisissable, qui est l'expression, la perception de nous-mêmes et celle du monde tel que nous le vivons, l'image des forces antagonistes que nous portons et qui nous lient au monde et aux autres.
Cette image trouve sa dynamique dans l'énergie de la mise en mouvement vers un cheval - bien réel celui-là - suscitée par sa taille, sa chaleur, son odeur, la douceur de son poil, sa robe, son regard, son calme, sa prestance, etc...
Partant de l'imaginaire, il est donc aussi question d'action : agir avec le corps, agir vers et sur l'environnement. C'est bien la présence du cheval conjuguée à notre image intime qui mobilise une charge affective dont nous nourrissons l'énergie nécessaire à notre action. Corps et relationnel se trouvent liés et complémentaires à l'imaginaire, au symbolique.

L'outil-cheval
Présent dans la majorité des cultures et proches de toutes les classes sociales, le cheval est un lien avec la nature, l'évolution et l'histoire humaine. Proche de l'homme et présent dans son imaginaire, être vivant avec sa vie propre, le cheval est un animal porteur dont la taille permet monte, portage ou chevauchement. Il apporte valorisation à la personne qui à son contact se trouve impliquée dans sa globalité au travers d'un large éventail d'utilisation dans le travail (puisées ou détournées des disciplines équestres traditionnelles ou de l'approche éthologique des " nouveaux maîtres ").
L'utilisation du cheval comme outil thérapeutique s'avère bénéfique sur les plans moteurs, psychiques et relationnels.

L'utilisation du cheval comme outil thérapeutique au niveau psychique
Le cheval - animal mythique et archétypal, porteur d'une symbolique paradoxale - permet toutes les projections et les transferts. Il offre ainsi à l'enfant un support pour passer les étapes nécessaires à son développement.
Il bénéficie également d'un grand "capital sympathie". Il réunit des qualités qui font de lui un bon objet transitionnel : il est immédiatement reconnaissable, il a une existence concrète et réelle et peut être approprié par l'enfant; il peut-être l'objet d'attachement de la part de l'enfant; il communique chaleur et sécurité qui lui donnent une réalité propre; il peut enfin être un bon substitut maternel. Le cheval pourra donc jouer ce rôle d'objet consolateur par rapport à l'angoisse de la séparation, de l'absence.
Animal porteur, le cheval suscite les affects, émotions, sentiments et procure à l'enfant un sentiment de valorisation. Son utilisation en thérapie améliore la confiance en soi et en un tiers, l'audace, l'adaptabilité, la concentration et la persévérance. Elle contribue à la gestion des émotions et des comportements, mais aussi à la motivation chez des personnes souvent aux prises à de multiples thérapies. Sa contribution se situe également au niveau du développement de l'autonomie de la personne.
L'utilisation du cheval rencontre la situation de holding et handling développée par Winnicott. Comme animal porteur, le cheval reproduit la situation de holding dans un échange tonique proche de celui d' "une mère suffisamment bonne".
Le holding est la manière dont l'enfant est porté et dont il a vécu ce portage. Cette situation que l'on peut donc reproduire dans l'utilisation du cheval en thérapie, est faite des sensations proprioceptives et extéroceptives agréable ou désagréables. Elle est faite encore de la " qualité "des déplacements et de la manière dont ils sont vécus par l'enfant et qui jettent les bases de son rapport avec l'espace et le temps. on y trouve enfin les sensations entre le porteur et le porté transmises par le tonus du porteur.
La situation de handling, toujours décrite par Winnicott, se présente dans les situations de soins accordés à l'enfant. C'est là que s'établit peu à peu, par l'alternance de toucher et de non-toucher, la sensation d'avoir une peau comme limite entre soi et les autres ; d'avoir une frontière "moi-peau", "moi-unique".L 'utilisation du cheval y contribue par le corps à corps qu'il autorise.
Rappelons encore que le cheval bénéficie d'un capital profondément ancré en nous: sa présence dans la majorité des cultures; sa proximité de toutes les classes sociales; sa place dans l'histoire et l'évolution de l'homme. Ce capital rend le cheval d'un abord aisé et fait de lui, dans utilisation en thérapie, un élément important du cadre thérapeutique.

L'utilisation du cheval comme outil thérapeutique au niveau relationnel et social
La dimension relationnelle des thérapies avec le cheval naît de la part active de chacun des protagonistes, à savoir, le sujet, le thérapeute et le cheval.
Chacun constitue un pôle de cette triangulation : du sujet vers le cheval; du cheval vers le sujet; du thérapeute vers le sujet; du sujet vers le thérapeute; du cheval vers le thérapeute; du thérapeute vers le cheval.
Nous pourrions encore multiplier les échanges avec la présence du groupe - ou des parents - et de ses interactions entre le sujet, le cheval et le thérapeute.
Le cheval, être vivant non-humain, ne juge pas l'enfant et n'a pas d'attente particulière vis-à-vis de lui, contrairement aux adultes (qui plus est quand ces adultes sont thérapeutes). Ceci permet une relation plus franche et plus claire entre l'animal et l'enfant.
Au contact du cheval, la personne développe le sens de la responsabilité. Elle apprend à l'enfant à prendre et à tenir sa place en transposant son rapport au cheval à celui au monde où il vit; L'utilisation du cheval permet encore le rapport tant individuel qu'au groupe et se révèle un facteur important d'intégration, d'expérimentation, et encore de structuration.

L'utilisation du cheval comme outil thérapeutique au niveau corporel
Le support de travail en hippothérapie est le corps, celui du sujet, celui du cheval. Il est le support du contact de monte, de sons, de relation avec le cheval à travers les sensations corporelles.
A cheval, c'est l'ensemble du corps de la personne qui est mis en jeu.
" La masse musculaire : à cheval, tous les muscles travaillent de manière symétrique.
" L'équilibre : il est sans cesse sollicité, par la force d'inertie et la force de gravité, lors des arrêts, départs, changements de direction,... Le développement de l'équilibre est fondamental car il contribue à la prise de conscience et à la prise de confiance en son corps, et à un sentiment de sécurité ; il contribue aussi à l'amélioration de la marche (il est à noter que las quatre temps du pas et le mouvement hélicoïdal du dos du cheval, se rapproche du mouvement du bassin et les quatre temps de la marche humaine).
" Le tonus : l'ajustement du tonus aux mouvements du cheval, est nécessaire à l'équilibre et aux gestes justes pour les 'demandes' adressées au cheval. Le tonus exprime aussi les émotions et le bien-être ou le malaise du sujet. Ainsi, en dehors de cas présentant des lésions neurologiques, une tonicité insuffisante ou excessive peut être en relation étroite avec l'environnement du sujet et avec la façon dont celui-ci le perçoit.
" La coordination et la dissociation : (mains, bras, bassin, tronc, regard,...) organisent les actions et les gestes nécessaires aux demandes adressées au cheval.
" Le rythme : la structuration rythmique est mise en jeu par les allures. chaque posé de pieds donnent des temps et des rythmes propres à chacune de ces allures : le pas = 4 temps ; le trot = 2 temps ; le galop = 3 temps. un mpt à propos du pas : c'est l'allure la plus utilisée en l'hippothérapie. Les quatre temps du pas rend cette allure proche du rythme cardiaque. Elle contribue ainsi à apporter le réconfort recherché en situation d'insécurité. autre avantage : ces quatre temps entraînent au niveau du dos du cheval un mouvement en forme d'hélice qui provoque chez le cavalier une mobilisation du bassin et de la colonne vertébrale. Cette mobilisation amène un déblocage progressif des tensions éventuelles à ce niveau. Enfin, le mouvement hélicoïdal du dos du cheval est apparenté à un bercement. L'association du tout au rythme régulier du pas préserve le sentiment de sécurité et de réconfort nécessaire au plaisir de l'enfant.
" Le rapport au temps et à l'espace : la structuration spatio-temporelle peut-être abordée avec le cheval, tant à pied qu'à la monte et dans un espace lui-même structuré par des repères (grands et petits cotés, lettres, dessins).

L'utilisation du cheval, sensible au dialogue tonique et aux émotions internes, autorisant les contacts corporels étroits (peau à peau, toucher, fouissement, chevauchement, etc), et l'utilisation des allures - essentiellement la régularité et la continuité du pas - s'avèrent donc bénéfiques au niveau corporel pour :

  •  L'amélioration de la posture

  •  Le travail sur les muscles et les tendons

  •  La diminution de la spasticité

  •  L'entraînement cardio-vasculaire et respiratoire

  •  La diminution des troubles circulatoires

  •  L'amélioration du schéma corporel

  •  La stimulation de la sensibilité proprioceptive, de l'équilibre, de la coordination, de l'endurance et de l'adresse

L'hippothérapeute
Il est évident que l'hippothérapeute possède par ses formations (kiné, psy, logopède, psychomotricien,...) les connaissances indispensables pour comprendre à qui il s'adresse et ce qu'il a à faire; l'acquisition de méthodes thérapeutiques complémentaires enrichira sa pratique.
Il est tout aussi évident que l'hippothérapeute aura à développer des qualités et des compétences d'homme de cheval et de cavalier.
Une bonne connaissance des chevaux avec lesquels il travaille lui permettra d'assurer au mieux la sécurité et de tirer le meilleur parti de son travail. La collaboration entre l'homme et l'animal nécessite une confiance mutuelle et fiabilité. L'une et l'autre se construisent et s'entretiennent.
Il est aussi important que l'hippothérapeute ait l'expérience et les connaissances de la monte pour avoir dans son corps les 'traces' du vécu du cavalier et de pouvoir apprécier les difficultés auxquelles est confronté le sujet à cheval.
Le cheval, outil et partenaire dans le travail, étant stimulant pour l'hippothérapeute comme pour le sujet, le thérapeute aura sans doute à un moment donné, à éclaircir la place que le cheval tient par rapport à lui.
Parallèlement à ces facettes d'ordre 'technique' importantes, la capacité à se remettre en question offrira une nouvelle dimension au travail. L'usage des compétences techniques et théoriques contribuera au développement du sujet dans la mesure du soutien apporté comme 'aidant' accompagnant le sujet dans son action. Etre aidant s'apprend, se développe et s'entretient. De même que des capacités d'écoute, d'observation, de clarification et d'empathie.

Travaux de stagiaires
Travail de stagiaire (1) : L'étude des jeux (S. Andersen UCL - Licence en Psychologie et Sciences de l'Education. -1997)

1. Principes de base en analyse transactionnelle

a) analyse structurale

Il ressort de l'observation de l'activité sociale le concept des 3 états du moi existant en chacun. Ils sont respectivement appelé Parent, Adulte et Enfant et se construisent progressivement au cours de l'enfance. Détaillons un instant cette structure.
le moi Parent:
Cet état est le siège de l'appris. Il représente la répétition de comportements issus de nos parents, est garant des règles sociales établies, des normes et des valeurs.
Nous pouvons différencier ici 2 subdivisions de cet état du moi: le parent critique et le parent nourricier. Le premier fonctionne sur le mode des reproches (ex: " C'est mal de cracher ") et le second sur le conseil et le soutient (ex: " Tout finit toujours par s'arranger ").
le moi Adulte:
Cet état est le siège du pensé. Celui-ci comporte l'objectivité, la raison, la logique. C'est la partie réfléchie et rationnelle de la personne.
le moi Enfant:
Cet état est le siège du senti. Il évoque les sentiments et les désirs naturels, les besoins et les pulsions. Celui-ci se décompose en deux sous -états: l'Enfant adapté et l'Enfant spontané. L'Enfant adapté se conforme à la situation soit après acceptation (Enfant soumis), soit après contestation (Enfant rebelle). L'Enfant spontané est celui qui sent ses besoins, ses sentiments et qui fait ce qu'il veut, libre de toute contraintes.
L'analyse et la prise de conscience de cette structure permet de maîtriser les conflits qui peuvent nous habiter.

b) analyse transactionnelle

La transaction est l'unité de mesure de base des échanges entre les individus. Lorsque différentes personnes se rencontrent, l'une d'elle manifestera par un signe qu'elle reconnaît la présence d'autrui. C'est le stimulus transactionnel. La réponse au stimulus qu'aura l'autre personne à ce moment sera appelée la réaction transactionnelle. Suivant E. Berne (1964), nous pouvons définir l'analyse transactionnelle comme suit: " L'analyse transactionnelle, en sa forme simple, consiste à diagnostiquer quel état de l'ego a exécuté le stimulus transactionnel, et quel état de l'ego a exécuté la réaction transactionnelle. " (p31). Sachant que la transaction peut partir de n'importe quel état du moi et s'adresser à n'importe quel état du moi de la personne à qui je m'adresse.
Aussi, nous classifions les transactions en complémentaires ou croisées, simples ou cachées.
Lorsque la réaction est adéquate, attendue c'est à dire que l 'émetteur vise un certain état du moi et que le récepteur répond par celui-ci, on parle de transactions complémentaires. C'est alors que la communication se déroulera sans incidents. Les transactions croisées arrivent à de mauvaises communications car l'émetteur vise le même état du moi que celui à partir duquel il s'exprime mais le récepteur lui répond par un autre. Les réactions de transfert et de contre-transfert en sont de bons exemples.
Dans le cas de transactions cachées, plus de deux états du moi agissent simultanément. C'est cette catégorie qui est à la base des jeux. Il y aura alors deux niveaux à la transaction: le niveau social et le niveau psychologique. Dans une même transaction, ce ne sont pas les mêmes instances du moi qui jouent aux deux niveaux.
Le but d'une analyse transactionnelle est d'établir le contrôle social grâce auquel l'Adulte garde le pouvoir exécutif.

2. Les jeux

a) Besoin de reconnaissance

La théorie des rapports sociaux fait ressortir que l'individu est en appétit de stimuli et ceci dès la prime enfance. A la suite de différents compromis, ce besoin infantile se transforme en appétit de reconnaissance. Celui-ci est tellement intense que l'individu s'attend, lors de chaque rencontre, à des symboles de reconnaissance (appelé ici " caresses "). Dès lors n'importe quel rapport social, même négatif ou désagréable, présente un avantage sur l'absence totale de rapport. Comme l'illustre Steiner (cité in Chandezon & Lancestre, 1982, p54) " Plutôt des coups de pieds que rien du tout, ou le pire: de l'indifférence. ". C'est alors que peut se déclencher un jeu ou un stratagème afin d'obtenir des signes de reconnaissance négatifs, lorsque la personne ne peut plus obtenir de signes positifs.

b)Besoin de structure

La fonction de toute vie sociale est de s'aider mutuellement à structurer ses heures de veille. Les avantages de l'occupation continuelle sont somatiques et psychiques: relâchement de tension (avantage primaire interne), évitement de situations nuisibles (avantages primaires externes), obtention de caresses (avantages secondaires) et le maintient d'un équilibre stable (avantages existentiels). E.Berne propose plusieurs manières d'occuper son temps: l'évasion mentale, le rituel, le passe-temps, l'activité, le jeu psychologique ou stratagème et l'intimité. Nous nous attarderons ici uniquement aux jeux.

c) Les jeux

Les jeux sont des substituts à la pratique d'une intimité véritable. Les contacts sociaux prennent 2 formes: le jeu et l'intimité. Ils se font la plupart du temps sous forme de jeu.
Le jeu peut se définir comme " le déroulement d'une série de transactions cachées, complémentaires, progressant vers un résultat bien défini, prévisible. " (E. Berne, 1964, p50). Ils se différencient des autres interactions sociales par leur qualité secrète et leur " salaire ". La relation est sans croisements mais les transactions sont secondes et se jouent simultanément au niveau social et au niveau psychologique. Nous n'avons plus à faire avec des requêtes dans des opérations simples mais des " coups " dans le jeu. Par exemple, on parle d'opération si une personne recherche simplement du réconfort mais cela devient un jeu à partir du moment où la personne, tout en cherchant réellement du réconfort, fait semblant de vouloir autre chose. En ce sens on peut différencier l'enfant qui demande simplement à l'adulte de venir près de lui car il aime cela et l'enfant qui fera tout de travers en attendant que l'adulte vienne près de lui pour l'aider ou même pour le punir.
Les rôles sociaux du jeu sont représentés dans le triangle dramatique. Nous y trouvons: le Persécuteur, le Sauveteur et la Victime (appelée aussi " le chat "). Dans les cas des jeux, ces rôles seront dramatiques, c'est à dire détournés de leur fonction première et utilisés à des fins de satisfactions personnelles. Ces 3 rôles peuvent s'échanger entre les protagonistes au cours d'une séries de transactions.
Les joueurs ont donc la possibilité d'utiliser dans leurs transactions les 3 états du moi (Parent, Adulte, Enfant) et les 3 rôles sociaux (Persécuteur, Sauveteur, Victime).
Les sentiments parasites, les rackets, sont aussi présents lors des jeux. " Le racket peut être considéré ainsi comme un sentiment appris, inauthentique, utilisé pour s'adapter et préserver intact l'amour des autres, et, en particulier, des proches. " (Chandezon &Lancestre, 1982, p80). Ceux-ci utilisent souvent des sentiments de culpabilité, d'incapacité, de blessure, de peur et d'irritation. La fonction essentielle du racket, de par sa répétition de sentiments anciens, est d'apporter à l'individu la sécurité dans le passé et par là lui éviter les risques de l'intimité.
Les fonctions des jeux sont multiples et nous en avons déjà abordé certaines facettes. Tout d'abord, les jeux permettent à l'individu de structurer son temps et d'obtenir des signes de reconnaissance et d'attention. C'est à ce propos qu'on parlera des " coups " d'un jeu qui permettent de récolter le plus de satisfactions secondaires possibles (comme les " caresses " supra-mentionnées). Tout est, en effet, préférable à l'indifférence. De plus, les jeux ont un rôle de confirmation: confirmation des sentiments parasites, confirmation des positions de vie (qui sont au nombre de 4 et se résument comme suit: " je ne vaux rien, vous valez quelque chose "; " je ne vaux rien, vous ne valez rien "; " je vaux quelque chose, vous ne valez rien "; "je vaux quelque chose, vous valez quelque chose ") et confirmation des injonctions parentales, à la suite desquelles nous avons élaboré notre plan de vie. La stabilité psychique se trouve alors renforcée (avantage existentiel). Aussi, le jeu permet de contrebalancer le manque d'occasions d'intimité ou leur impossibilité psychologique et d'éviter une situation redoutée. Enfin, il permet de garder une marge de manœuvre par rapport à l'autre en étant imprévisible.
Notons que les jeux constituent une partie d'un scénario. Le scénario représente un ensemble plus large de transactions qu'un individu a tendance à répéter tout au long de sa vie, suite aux expériences infantiles. Les personnes s'efforcent alors de faire marcher leur spectacle par une compulsion archaïque inconsciente et sont enclins à s'engager dans des transactions liées à leurs jeux favoris (ceux-ci étant liés au scénario).
Il y a cependant moyen de s'en détacher. Comme l'explique clairement E.Berne (1977): " Chaque être humain, quand il est lancé pour la première fois dans le monde, est, il est vrai, prisonnier de son scénario, mais ce qui fait l'espoir et la valeur de la race humaine, c'est que l'Adulte peut se dissocier d'une telle dépendance quand elle n'en vaut pas la peine. " (p128).
A titre d'illustration, voici un exemple de type de jeu appelé en langage transactionnel: " Pourquoi est-ce que vous ne ... Oui, mais ". Nous reprendrons ici, en partie, l'explication qu'en fait E. Berne dans son ouvrage " Analyse transactionnelle et psychothérapie " (1977, p106 108).
Dans ce jeu, l'un des protagonistes, " le chat ", pose un problème et les autres essayent de lui fournir une solution. Ici, le " truc " réside dans le fait que ce jeu n'est pas joué pour son but ostensible (c'est à dire une demande d'Adulte de solution) mais pour rassurer l'Enfant et le flatter, après avoir transformé les autres en Parents avisés. Donc, au niveau social, l'échange se passe d'Adulte à Adulte et au niveau psychologique, de Parent à Enfant (" Pourquoi est-ce que vous ne...? ") et de Enfant à Parent (" Oui, mais... "). Le niveau psychologique est généralement inconscient des 2 côtés mais peut souvent être détecté par un observateur attentif. Ce jeu, tant qu'il n'est pas révélé, peut se poursuivre à l'infini car il est complémentaire aux 2 niveaux. Ici, le propos du jeu n'est pas de se procurer des suggestions, mais de les repousser. Le véritable salaire de ce jeu est le silence qui suit quand tous les autres se sont fatigués à chercher des solutions acceptables. Cela signifie pour l'instigatrice qu'elle a gagné en démontrant que c'était les autres les incapables. Ceci la confirme dans son idée que le Parent échoue toujours.
Une manière de couper court, si nécessaire, à ce jeu est de ne pas répondre en jouant à " J'essaie uniquement de vous aider ".

3. Intérêt dans le travail

Tout d'abord, cette approche permet de nous rendre compte que les relations interindividuelles ne sont ni anodines, ni fortuites. Elles ont, au contraire, une structure et une motivation bien définies qui déterminent leur évolution et leur fonction. Nos relations avec d'autres personnes sont donc riches en informations et valent la peine d'être observées et réfléchies.
Il y a toujours des gens qui s'entendent bien, d'autres qui ne peuvent pas se supporter, certains qui aiment se battre ou se contredire et enfin, il y a ceux qui n'ont rien à se dire. Dans l'optique de l'analyse des jeux, les relations sympathiques représentent des jeux conjonctifs (c'est à dire que les rôles et les états respectifs des 2 parts s'assemblent bien); les relations antagonistes mettent en scène des jeux disjonctifs (les rôles et les états respectifs se désarticulent); les relations antipathiques montrent 2 protagonistes qui jouent des jeux opposés ou des rôles irréconciliables (souvent les mêmes); et l'indifférence est due à des jeux qui n'ont rien à voir les uns avec les autres.
Aussi, il est intéressant de pouvoir travailler au niveau de ces jeux, avec cependant une grande prudence sans quoi la personne risquerait de tomber dans un état de " détresse ", ses jeux représentant parfois sa seule source de stimulation ou de défense.
Il existe différentes manières de modifier ou de casser un jeu: il est possible de révéler le jeu par intervention verbale, d'accepter une forme de complicité en procédant à un jeu de rôle, de proposer des solutions, d'accentuer le jeu en le caricaturant, d'analyser les tenants et les aboutissants du jeu, de proposer une autre façon de structurer le temps.
Ensuite, c'est par la prise de conscience de tous ces facteurs qui peuvent jouer dans les interactions sociales, du sens véritable de nos attitudes, que nous pouvons espérer avoir un meilleur contrôle sur ce que nous-mêmes mettons en jeu dans nos relations humaines. Le but de l'analyse transactionnelle est " d'établir le contrôle social grâce auquel l'Adulte garde le pouvoir exécutif dans ses rapports avec d'autres gens, même quand ils essaient, consciemment ou inconsciemment, d'activer l'Enfant ou le Parent du patient. Cela ne veut pas dire que dans des situations sociales l'Adulte soit le seul à être actif, mais que c'est l'Adulte qui décide quand laisser la bride à l'Enfant ou au Parent et quand reprendre le pouvoir exécutif. " (E.Berne, 1977, p92).
Enfin, l'analyse transactionnelle instaure l'idée du contrat. Ce qui nous intéresse principalement est ce qu'on appelle le contrat secret. Celui-ci détermine l'issue de la relation d'aide et constitue la vraie nature de la relation entre le thérapeute et le client. Dans cette optique, il est indispensable pour l'intervenant de connaître ses points faibles, ce par quoi il peut être manipulé et peut manipuler son patient. C'est à partir du moment où il en prend conscience et peut en parler qu'il avancera dans la résolution de ses difficultés.

4. Bibliographie

Berne, E. (1977). Analyse transactionnelle et psychothérapie. Petite Bibliothèque Payot.
Berne, E. ( 1964). Des jeux et des hommes. Paris: Stock.
Chandezon, G. & Lancestre, A. (1982). L'analyse transactionnelle. Paris: Presses Universitaires de France.

Travail de stagiaire (2) : Intégration des parents dans le travail thérapeutique de l'enfant avec le poney et la place des thérapeutes (J. Cornez Massant - UCL - 2ème licence en Psychologie et Sciences de l'Education. Année 2000-01)

1. Introduction

Aux rênes de la vie, centre d'hippothérapie, nous accueillons des enfants de 4 ans à 18 ans avec des handicaps mentaux et/ou moteurs. Nous recevons ces enfants en groupe ou individuellement. La plupart des groupes viennent dans le cadre des activités de leur institution. Les enfants pris individuellement sont accompagnés de leur parent. C'est par rapport à ces séances individuelles que je me suis posée quelques questions concernant la place des parents ainsi que la mienne.
Pour aborder ces questions, je pourrais citer de nombreux exemples que j'ai pu vivre avec certaines familles. Mais je ne vais en dire qu'un, le cas de Shane, le premier qui m'a permis de me poser ces questions. Shane est venue une première fois avec ses parents pour une séance d'essai à laquelle j'étais présente. Par après, elle est venue une fois par semaine avec sa mère, mais je ne participais pas aux séances. Cependant, j'étais présente (sans être proche de la mère ni de Shane et Philippe) dans la cour lors de la " préparation du poney " (contact, prise de connaissance,...). Après quelques instants la mère de Shane est venue près de moi et a commencé à me parler de sa fille, de son comportement à ce moment-là par rapport à son comportement dans d'autres situations, à me poser des questions... J'ai ressenti chez cette personne un véritable besoin de communiquer, de dire ce qu'elle voyait, de savoir ce qui se passait, comment nous réagissons dans certains cas et dans d'autres,... Pour ma part, je me sentais dans une position un peu délicate, c'est-à-dire que j'essayais de lui répondre tout en ne sachant pas toujours quoi dire, comment le dire, s'il fallait que je réponde ou non. Bref, je me suis sentie incompétente dans ce rôle, dans cette position que je n'avais jamais occupée auparavant. Cette situation m'a permis de me rendre compte de l'importance pour certains parents de participer, d'être impliqués dans la relation thérapeutique tout en gardant une certaine distance par rapport à l'enfant et au thérapeute qui travaille avec lui et le poney. C'est pourquoi, je pense qu'il est intéressant, lors de la séance avec le poney, qu'un autre thérapeute soit avec les parents et qu'il soit formé à cette tâche. Et après un certain nombre de séances, nous pourrons faire un travail en commun.
Dans ce travail, j'aimerais donc aborder la question de l'apport des parents (ou des personnes signifiantes de l'enfant) dans le travail thérapeutique actuel de l'enfant avec le thérapeute et le poney. Il s'agit d'analyser la place des parents, examiner si cette place est adéquate ou non, voir s'il y a un bénéfice à intégrer les parents dans le système actuel. Dans cette même idée, j'aimerais aussi étudier la place du thérapeute qui accompagne les parents par rapport à celle qu'occupe le thérapeute de l'enfant, tout cela en regard de la systémique.
Pour pouvoir répondre à ces questions et en me référant à la systémique, je vais traiter certaines notions comme la demande, le système, le milieu humain.

2. La demande

La demande est, la plupart du temps, le fruit d'une interaction entre l'individu et son système. Il en résulte, dans une perspective systémique, que, même lorsque quelqu'un ne demande pas ou ne demande rien, il s'agit aussi, quelque part, d'une demande. La non-communication est une communication.
Notre travail de thérapeutes est d'analyser, de décoder les messages (analogiques et digitaux) qui constituent la demande, même lorsque celle-ci est structurée en première apparence comme une non-demande. Quelqu'un qui vient en consultation et ne dit rien est quelqu'un qui demande quelque chose. Même s'il n'émet pas sa demande de façon digitale, clairement verbalisée, il fait preuve, par l'intermédiaire de son silence ou du symptôme, d'un certain type de demande. Nous sommes, en tant que thérapeutes, responsables du système dans lequel s'inscrit le symptôme. Responsable dans le sens " être capable de répondre ", mais surtout dans le sens " être capable de prendre des initiatives ou de s'en abstenir ". Il faut donc radicalement écarter le mythe du patient " non-demandeur ".
Aux rênes de la vie, nous sommes le plus souvent confrontés à ce type de situation. En effet, les familles qui viennent en consultation se composent, généralement, des parents et de leur enfant porteur du symptôme et qui, la plupart du temps, ne communique pas ou très peu (c'est le cas de Shane).
Par rapport à ce type d'analyse de la demande, nous sommes confrontés à une séquence de questions, " quoi " est demandé à " qui ", " par qui ", " quand ", " où " et " comment " ?
Le moteur de la demande n'est pas nécessairement le " problème ", et ce n'est pas parce qu'il y a un problème au sein d'une famille qu'il faut instaurer d'office des entretiens de famille. Cette démarche serait irrespectueuse de l'individu et de son système.
De façon à mieux clarifier l'analyse de la demande, référons-nous au livre de Robert Neuburger (" L'autre demande " aux éditions ESF Paris, 1984) qui propose un modèle structuré permettant d'éclater la demande en différentes sous-composantes. R. Neuburger propose de recourir à trois questions :
1. qui pose le problème ?
2. qui souffre le plus ?
3. qui demande ?
Dans le cas de Shane, supposons que (car je n'ai pas assisté au premier entretien) le père est le demandeur officiel, c'est lui qui allègue la demande, la mère est celle qui souffre le plus et le lieu de la perturbation ou du problème est Shane.
La recommandation de Neuburger est la suivante : dans les situations où le même sujet n'est pas simultanément porteur du problème, de la souffrance et de la demande, il y a lieu d'intervenir de façon systémique, dans un " setting " systémique regroupant les différents porteurs de chaque sous-composante de la demande. Cependant, passer au niveau familial sans autre forme de procès revient, sur le plan analogique (parce que le plus souvent ce n'est pas verbalisé) à abandonner le patient en tant qu'individu. Donc, nous devons veiller à maintenir l'intérêt clinique envers les entretiens individuels. De plus, dans le cadre de l'hippothérapie qui nous concerne ici, j'aimerais préserver la relation triangulaire existante entre l'enfant, le thérapeute et le poney. Cette relation faisant partie du système actuel, cela nous amène à aborder les notions de système et de milieu.

3. Le système et le milieu

La définition d'un système que l'on retrouve classiquement en thérapie familiale est celle de Hall et Fagen, reprise par P. Watzlawick (" Une logique de la communication ", Paris, Seuil) : " Un système est un ensemble d'objets et les relations entre ces objets et entre leurs attributs ". Nous pouvons y ajouter un élément d'organisation : " Le système est une totalité organisée, faite d'éléments solidaires ne pouvant être définis que les uns par rapport aux autres, en fonction de leur place dans cette totalité " (Morin E. : La méthode, tome I : La nature de la nature, Paris, Seuil).
L'enfant qui vient en thérapie aux rênes de la vie fait partie d'un système familial qui obéit à sa propre organisation. En nous référant à la définition du système de E. Morin, si nous modifions les attributs d'un des objets du système, l'ensemble des objets en sera touché et sera modifié. Si nous transposons cela grossièrement en thérapie, lorsque nous changeons, améliorons, modifions le comportement de l'enfant, tout le système familial change. Ce changement peut se faire sans contrainte, en harmonie. Mais il peut aussi être refusé (de manière digitale ou analogique) par une partie ou la totalité du système, par peur, par méconnaissance, par homéostasie (= mécanisme intrinsèque aux systèmes selon lequel tout changement est considéré comme une erreur à corriger ou à freiner),... D'où l'intérêt d'inclure tout le système dans la thérapie, de manière à ce que, dans le meilleur des cas, l'ensemble du système évolue ensemble.
L'idée de milieu est de mettre en chantier une thérapie qui articule les aspects bio-psychologiques avec les aspects sociétaux du problème. Il s'agit d'un " milieu humain " qui recouvre le milieu de vie enfants-éducateurs, le milieu institutionnel, le milieu familial lui-même, l'école, et finalement l'écosystème ou le réseau qui entoure le patient. Dans le cadre de mon stage, il s'agirait de créer un milieu humain recouvrant principalement le milieu familial. Ainsi, ce qui se vit " à la maison " pourrait se (re)vivre dans le cadre thérapeutique.
Cependant, le cadre thérapeutique ici est un peu particulier. En effet, il y a un élément nouveau dans le système : le poney. Quelle place prend-il ? Afin d'éclaircir cette question, référons-nous à la définition de l'hippothérapie (ou thérapie avec le cheval) de Renée de Lubersac (" La rééducation par l'équitation ", Editions Crépin-Leblond). " La thérapie avec le cheval est une méthode thérapeutique, globale et analytique, extrêmement riche, qui intéresse l'individu dans son complexe psychosomatique, qu'elle soit pratiquée avec des handicapés physiques ou des handicapés mentaux. Une des qualités du cheval ou du poney est celle d'être un " intermédiaire " (un transmetteur, un médiateur) permettant ainsi la communication, reformant le lien, tout en conservant la distance nécessaire ". En effet, le poney est un objet médiateur, dans le courant analytique, qui permet d'entrer en contact plus facilement, autrement avec l'enfant que lors d'un face à face, dans une relation duale. La plupart des enfants que nous voyons au centre ont une difficulté à communiquer, et le contact avec eux n'est pas facile à établir. C'est par l'intermédiaire du poney que nous y arrivons le plus souvent. Donc, étant donné la difficulté d'entrer en contact avec l'enfant et la spécificité de l'hippothérapie, je pense qu'il est préférable de préserver le cadre thérapeutique existant, c'est-à-dire le système formé par l'enfant, le thérapeute et le poney. Je pense aussi qu'il est important de garder ce moment privilégié avec le poney pour l'enfant seul... il s'agit de son moment à lui.
Si nous ne pouvons pas inclure les parents dans cette relation triangulaire, comment les intégrer dans le travail thérapeutique ?
L'idée que j'ai eue, et dont j'ai fais part dans l'introduction, est de faire un travail avec les parents, séparément dans un premier temps. Les parents sont pris en charge par un thérapeute différent de celui de l'enfant. Il y a donc, d'une part, le système formé par l'enfant, le thérapeute (1) et le poney, et d'autre part, le système formé par les parents et le thérapeute (2).
La fonction et la place du thérapeute qui accompagne les parents sont bien spécifiques. Son rôle est tout d'abord d'être présent, disponible aux parents. C'est aussi et surtout être à l'écoute. En effet, dans le cas de Shane, la mère est venue vers moi avec un besoin de communiquer et donc un désir d'être entendue. Si je suis " l'écoutant ", je dois pouvoir entendre l'autre pour lui et non pour moi ou pour un tiers, quel qu'il soit. Pour pouvoir occuper cette place, il faut y avoir été formé. Etre formé à l'écoute, c'est savoir ce qu'est l'écoute mais aussi et surtout avoir été soi-même écouté et entendu, pour pouvoir enfin s'écouter et s'entendre soi-même.
Ce thérapeute, qui tient une place d'écoutant, doit pouvoir entendre la ou les demandes des parents afin de pouvoir y répondre. Cette demande peut être simplement une demande d'informations mais elle peut être aussi une demande d'écoute, de soutien,... Je pense que pour occuper cette place, il faut y être formé, en avoir l'expérience, car il s'agit d'un travail très différent de celui d'hippothérapeute auquel je suis formée actuellement. Nous aurons, donc, dans l'institution, deux types de thérapeutes.
Ce qui est intéressant, même important, dans une optique systémique, c'est de pouvoir réunir tous les membres des deux systèmes pour un travail thérapeutique différent mais complémentaire. Il s'agit d'une thérapie familiale mais un peu particulière, dans le sens où les deux thérapeutes respectifs sont présents. Nous pouvons imaginer, qu'au départ, le thérapeute (1) du système " enfant - thérapeute - poney " fasse un bilan de l'enfant et que, par après, ensemble, avec les parents (qui sont accompagnés de leur thérapeute), ils décident d'un objectif, d'une évolution possible de l'enfant. Ce nouveau système élargi permet de créer une alliance thérapeutique solide (notamment pour éviter les résistances au changement) afin que l'enfant puisse évoluer, changer.

4. Discussion

Ce travail m'a permis de réaliser une chose importante que tout thérapeute doive tenir compte : chaque thérapeute a sa spécificité. Un thérapeute d'enfant n'aura pas la même spécificité qu'un thérapeute d'adulte ou un thérapeute familial,... Nous ne pouvons pas jouer plusieurs rôles à la fois, pour une même famille. Je pense que le travail thérapeutique en perdrait sa richesse. Il faut pouvoir travailler en collaboration avec d'autres thérapeutes et créer ainsi une équipe multidisciplinaire bénéfique pour l'enfant et son système.
J'aimerais citer une phrase de F. Dolto : " Travailler avec l'enfant, c'est travailler avec les parents ". A première vue, cette citation pourrait aller à l'encontre de ce que je viens d'écrire plus haut. Sauf si le travail avec les parents consiste en un travail d'écoute. En effet, en tant que thérapeute, quelle que soit notre spécificité, nous nous devons de les écouter, d'écouter leur demande, de pouvoir y répondre, mais aussi et surtout de pouvoir s'en abstenir, comme je l'ai dis plus haut. Nous ne sommes pas des " tout-puissants ". Cependant, nous pouvons orienter les parents vers des personnes adéquates suivant leur demande.
Bibliographie

JANNE, P. (1999), Cours de psychologie systémique, Université Catholique de Louvain.
DESSOY, E. (1999-2000), L'homme et son milieu. Etudes systémiques, Université Catholique de Louvain - Université de Liège.
DE LUBERSAC, R. (1973), La rééducation par l'équitation, Paris, Editions Crépin-Leblond.
BELLET, M. (1989), L'écoute, Paris, Desclée de Brouwer.

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